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La famille Olibet trouve ses origines dans le Bordelais, plus précisément à Sainte-Terre, petit village au bord de la Dordogne non loin de Saint-Emilion. Jean-Honoré Olibet, fils de marin, né à Saint-André de Cubzac, le 14 Décembre 1817. Boulanger de profession, il s’installe dans le quartier Saint-Pierre de Bordeaux dans les années 1840, et commence une production artisanale de biscuits secs. Ces derniers étaient à l’époque très prisés des marins, du fait de leur capacité de longue conservation. La profession du père de Jean-Honoré, et la proximité du port de Bordeaux, dont l’activité s’intensifie sensiblement à partir de 1860, ne sont donc pas étrangers à cette aventure entrepreneuriale.

Le fils de Jean-Honoré Olibet, Antoine-Eugène (1844-1915), se présente comme étant le créateur de la biscuiterie industrielle française après avoir introduit en France le savoir-faire britannique à son retour du Royaume-Uni, dans les années 1860. A cette époque, Huntley & Palmers est le leader incontesté de la biscuiterie dans le monde. Antoine-Eugène aurait travaillé dans une biscuiterie anglaise comme ouvrier. Revenu quelques années plus tard, il persuade son père d’importer du matériel de fabrication, notamment le four à chaîne, communément appelé alors « four anglais ». Cette tâche était facilitée par la signature en 1860 du traité Chevalier-Cobden établissant le libre-échange entre la France et le Royaume-Uni. L’objectif de Napoléon III consiste alors précisément à donner la possibilité aux entrepreneurs français de se doter du savoir-faire et surtout du matériel industriel britannique.

Olibet bénéficie de sa position de “first mover” pour rapidement couvrir le marché hexagonal.  Après l’ouverture de sa première usine à Talence en 1872, des partenaires financiers, tel Auguste Lucas (1852-1919), et par la suite une introduction à la bourse de Paris, permettent à la société d’étendre son réseau d’usines. A Suresnes, en région Parisienne, en 1879, à Tassin-la-Demi-Lune en région Lyonnaise en 1883, puis à Renteria, dans le Pays Basque Espagnol, en 1895.

Le dépôt de la rue de Rivoli de Paris, fait figure de navire amiral parmi les multiples dépôts ouverts en France dans les années 1880, à Bordeaux, à Marseille et à Lyon. Si le dépôt peut pratiquer la vente au détail auprès du consommateur final, sa principale fonction consiste à fournir les grossistes et de plus en plus souvent les détaillants, visités par un nombre croissant de représentants.

 

En matière de production de biens de consommation, le XIXe siècle représente l’époque fondatrice d’une vision focalisée sur la qualité du produit. La « Première marque française » obtient sa première médaille à Bordeaux en 1859, avant la reconnaissance internationale lors des expositions universelles, comme à Paris en 1878 et 1889. Elle affiche 42 médailles, dont 29 en or vers 1900. Une telle démarche de légitimation atteint pourtant ses limites à partir du moment où les concurrents parviennent au même niveau de célébration. Lefèvre-Utile peut se vanter d’avoir remporté la plus haute distinction française à Paris en 1900… en l’absence d’Olibet, membre du jury donc « hors-concours »…

Malgré la montée en puissance de la concurrence, Olibet a réussi à maintenir sa position de leader jusque l’entre deux-guerres. Mais à la première génération de concurrents (Lefèvre-Utile, Pernod, Brun, Gondolo…) a succédé une deuxième vague, bien plus dévastatrice, car adaptée aux nouveaux rapports de force dans la chaine production-distribution-consommation.

Certes Olibet a failli dans ses tentatives de moderniser son appareil de production, mais l’émergence de la grande distribution a considérablement changé les règles du jeu. L’allié historique qu’était le petit commerçant de proximité a été quasiment supprimé, et les producteurs, dont les marges sont mises sous pression, sont désormais contraints de diminuer drastiquement les coûts au détriment de la qualité. S’en est suivi une importante consolidation du secteur, pour augmenter les économies d’échelle et le retour sur investissement des actionnaires.

La troisième génération Olibet quitte l’entreprise dans les années 1950 (la “branche Albert”, fils cadet, continue l’aventure dans le béret puis le bonnet de ski, à Nay dans le Béarn). La société vivote jusqu’à son rachat par un fond d’investissement qui lui fait subir plusieurs restructurations. Dans les années 2000, la marque cesse d’être d’exploitée, et la société ne fabrique plus que des produits en marque blanche, jusqu’au dépôt de bilan en 2012.

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Pour en savoir plus, vous pouvez commander l’ouvrage d’Olivier Londeix, Professeur d’Histoire à Bordeaux.

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